En un subtil équilibre
entre maîtrise du geste et lâcher-prise,
la matière prend vie

Mon travail explore la relation entre le mouvement, la matière et l’émotion. 

Formée aux techniques de la céramique, je développe une approche instinctive où la maîtrise du  geste dialogue avec l’intuition et le lâcher prise. 

Le travail des émaux occupe une place importante dans ma pratique. Je développe mes propres  recettes afin d’explorer les textures, les tonalités naturelles et toute la richesse des nuances que  révèle la cuisson en haute température. 

Mes pièces se distinguent par leurs formes organiques et leur élégance. Les lignes se déploient, se  tendent ou s’étirent, insufflant à l’objet une impression de vie, de mouvement. 

Le corps comme point de rencontre

 Avant la céramique, il y a eu la scène. 

Pendant de nombreuses années, j’ai travaillé dans le spectacle vivant comme comédienne, auteure  et metteuse en scène. Le théâtre est un art du corps – tout passe par le geste, la présence, la  respiration, l’énergie du mouvement. 

Lorsque je travaille la terre aujourd’hui, je retrouve cette même dimension physique et sensible.

La céramique est souvent perçue comme un travail de matière et de technique, mais pour moi elle  est avant tout une pratique du corps. Les mains, la pression des doigts, le rythme du geste et la  position du corps autour de la pièce participent à la naissance de la forme. 

Comme sur scène, le geste est contrôlé mais garde une part d’écoute, d’instinct et d’improvisation. 

Dans les deux pratiques, ce qui m’intéresse avant tout est de faire apparaître du vivant. Au théâtre, le corps fait naître une présence. Dans la céramique, ce même corps transmet quelque  chose à la matière. La terre garde la trace du geste, la mémoire du mouvement et de l’émotion qui  l’accompagne. 

La mer comme paysage intérieur

Installée au bord de la mer, dans la presqu’île du Cotentin, je puise mon inspiration dans les  paysages grandioses et sauvages du littoral. 

La grève, les galets polis par les marées, la texture du sable, les murs chargés de sel, les teintes  changeant au gré des ciels ou les fragments du vivant marin racontent tous une histoire de  mouvement et de transformation. 

Ces paysages apparaissent dans mon travail non pas comme des images, mais comme des  sensations : des tensions, des courbes, des rythmes. 

Mes pièces prennent ainsi la forme d’objets sensibles et singuliers, imparfaits et vivants.